Quand nous n'aurons plus peur...
QUAND NOUS N'AURONS PLUS PEUR…
Quand nous n'aurons plus peur des ombres innocentes,
Des monstres de douceur, des illusions démentes,
Nous referons le monde en vers et en chansons,
Nous formerons la ronde hors de la déraison.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Quand nous n'aurons plus peur, nous bâtirons des ponts,
Entre l'esprit qui meurt et l'âme qui répond,
Entre l'ange d'amour et l'ombre du démon,
Entre son œil velours et le cœur de béton.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Quand nous n'aurons plus peur, nous créerons des soleils
En caressant les fleurs, en contemplant le ciel,
En soufflant sur la neige, en riant aux éclats,
En laissant nos arpèges assouvir nos émois.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Quand nous n'aurons plus peur, nous vêtirons l'enfant,
Celui qui tient nos cœurs, à nos corps défendant,
Pour qu'il vive et voyage et explore pour nous,
Le monde et ses images, rites et tabous.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Quand nous n'aurons plus peur, tout deviendra facile,
La jeunesse qui meurt, les années qui défilent,
Car nous aurons au cœur, gravé comme un fossile,
La saveur du bonheur d'un instant, puis de mille.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Quand nous n'aurons plus peur, nous bâtirons des villes
Leurs artères, leurs cœurs, palpiteront, tranquilles,
D'amour et d'amitié, sans race ni frontière,
De leurs rues, leurs allées, montera la prière :
Ange, et vous, les lutins qui parlez aux enfants,
Montrez-leur le chemin opposé au néant.
Mettez donc dans leurs mains des paroles pour nous,
Nous les pauvres humains qui tremblons à genoux.
Car l'amour fait le lit du bonheur de la vie,
Quand la peur fait celui de l'ombre de la mort.
Arc-en-ciel















